Vanille organique de Madagascar
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Vanilla Fair

La réglementation européenne sur la teneur en nicotine : enjeux et répercussions pour l'exportation de vanille de Madagascar

Nicotine thresholds: How European regulations almost destabilized Madagascar’s vanilla exports
Botte de vanille de Madagascar

Legitimate concerns of farmers: sword of Damocles for thousands of small producers:

In regions like SAVA (Sava and Analanjirofo) and Alaotra Mangoro, nearly 25,000 families rely exclusively on vanilla cultivation. That’s 150,000 people directly dependent on this ancestral agricultural sector in Madagascar.

With 80% of current harvests in breach of the European threshold, their entire economic model is jeopardized.

La vanille de Madagascar, principale ressource d’exportation du pays, a été au cœur d'une récente décision de la Commission Européenne adoptant le règlement 2023/1281. Celui-ci a drastiquement abaissé les limites maximales de résidus de nicotine autorisées dans les importations alimentaires.

 

Pour la vanille, le taux autorisé est passé de 0,3 à 0,02 mg/kg, avant d’être finalement revu à 0,3 mg/kg par l’Union Européenne.

  • Décryptage d'une décision aux lourdes répercussions :
  • Conséquence immédiate : 80% de la production de « l’or noir » local se retrouve potentiellement interdite sur son débouché commercial européen, menaçant ainsi 600 millions de dollars d’exportations annuelles. Bien plus qu’un manque à gagner, c’est toute l’économie rurale qui se trouve déstabilisée.
  • Diplomatie offensive pour tenter d’infléchir l’intransigeance européenne :
  • Face à ce coup de tonnerre, Madagascar réagit au plus haut niveau en activant tous les leviers diplomatiques. Une task force interministérielle est chargée d’un lobbying massif auprès de l’UE pour obtenir un assouplissement, appuyée par des études sur l'origine de la nicotine dans la vanille locale.
  • L’Europe consent finalement des concessions :
  • Après 6 mois d'une intense pression, l’Union Européenne accepte de revoir sa copie. Le 7 février 2024, le seuil est finalement maintenu à 0,3 mg/kg pour la vanille malgache. La filière est "sauvée", mais contrainte de repenser son modèle face au verrou des normes sanitaires européennes.

Une réglementation avec des répercussions économiques sévères pour l'ensemble de la filière

La nouvelle LMR sur la nicotine fait craindre le pire aux acteurs de la filière vanille malgache. Au-delà des pertes commerciales directes, c'est tout un pan de l'économie locale qui est menacé à moyen terme.

Des centaines d'emplois dans l'industrie exportatrice à risque

Mais au-delà des champs, c'est toute la chaîne en aval qui est menacée de façon critique. Rien qu'à Toamasina, le premier port à conteneurs du pays, une trentaine d'entreprises sont spécialisées dans le tri, le traitement et l'expédition de la vanille vers l'Europe. Ce sont ainsi des centaines d'emplois qualifiés qui pourraient disparaître.

Des centaines d'emplois dans l'industrie exportatrice à risque

Près d'un quart des rentrées douanières du pays en jeu

Avec des exportations pesant chaque année 230 à 250 millions de dollars, la vanille représente 20% des revenus douaniers pour Madagascar. Des ressources vitales pour financer les services publics, qui seraient sérieusement amputées en cas d'application stricte de la nouvelle norme européenne.

Une offensive diplomatique tous azimuts pour infléchir Bruxelles

Dès l'annonce de la nouvelle LMR, Madagascar réagit au plus haut niveau et déclenche une véritable offensive diplomatique pour tenter d'assouplir la position européenne.

Une task force interministérielle de crise

Dès le 13 août 2023, une task force interministérielle associant les Affaires étrangères, le Commerce et l’Agriculture se met en ordre de marche. Objectif : orchestrer dans l’urgence un plaidoyer offensif ciblant les décideurs à Bruxelles. Cette cellule de crise, véritable état-major, va travailler d’arrache-pied pendant 6 mois en coordonnant une intense activité diplomatique.

Les professionnels de la filière ne sont pas en reste. Les exportateurs bassés à Toamasina comme les producteurs des régions vanillières se mobilisent pour appuyer l’action gouvernementale. Analyses, témoignages, données de terrain : toutes les expertises locales sont mises à contribution. Analyses, témoignages, données de terrain : toutes les expertises locales sont mises à contribution.

Un travail d'analyse des résidus de nicotine dans la filière

En arguant d'un principe de précaution, Bruxelles demande des études sur l'origine exacte de la nicotine dans la vanille malgache. Parallèlement, le pays diligente plusieurs études sont diligentées pour mieux comprendre l’origine des traces de nicotine

Une pression diplomatique continue pendant 6 mois

Pendant près de 6 mois, Madagascar multiplie les recours auprès de la Commission Européenne, de l'EFSA et du Parlement à Strasbourg. La menace économique et sociale est clairement mise en avant, jusqu'à l'infléchissement final début 2024.

Février 2024 : le suspense prend fin

Après 6 mois d'âpres négociations, Madagascar pousse un ouf de soulagement : l'Europe consent enfin à assouplir sa position. La mobilisation tous azimuts des autorités malgaches aura fini par payer.

L'EFSA valide le maintien des seuils antérieurs pour la vanille malgache

Le 7 février 2024, l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments publie un avis réévaluant le dossier de la nicotine dans la vanille. Consciente de l'ampleur des menaces économiques, elle acte le maintien du taux à 0,3 mg/kg pour les exportations malgaches.

La filière vanille sauvée, mais toujours sous tension

Côté malgache, c'est le soulagement dans les régions productrices après des semaines dans l'expectative. La filière vanille évite la catastrophe industrielle et peut poursuivre ses activités traditionnelles. Mais elle mesure aussi son extrême vulnérabilité face aux directives européennes, imposant de repenser son modèle.

Vers une diversification indispensable des débouchés

Madagascar le sait : avec le durcissement continuel des standards sanitaires en Europe, le risque d'autres crises du même type à l'avenir est réel. Si un tel bras de fer devait se reproduire à l'avenir, l'issue pourrait être bien moins favorable. La diversification des activités et des marchés s'impose plus que jamais comme une question de survie à long terme.

Vers l'émergence de filières vanille qualitatives, résilientes et responsables

Si difficile qu'ait été ce bras de fer réglementaire, il aura aussi des effets bénéfiques pour la filière vanille de Madagascar. Certes contraignante à court terme, cette modernisation nécessaire va renforcer sa pérennité. Pour se hisser aux standards de traçabilité et de qualité exigés, les pratiques évolueront avec l'appui de programmes complets : formations techniques, aides financières, structuration du collectif des producteurs, diversification des activités.

La pleine expression des exceptionnels terroirs de Madagascar passera aussi par des filières plus équitables et tracées. Des exploitations résilientes où les producteurs tirent pleinement profit de leur travail au sein de coopératives responsables. C'est à ce prix que l’or noir malgache poursuivra sa singulière histoire, mêlant respect des normes, performance économique et développement local durable.

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Vanilla beans laid out for shade drying

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